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La présidentielle de 2012 a débuté sur le trottoir

Les politologues avertis prédisent qu'une bonne part de la campagne présidentielle de 2012 se jouera sur Internet. Mais, sur le trottoir, elle a déjà débuté. Sur le mode décontracté, mais engagé et branché du street art, ce courant d'art urbain qui explose depuis la médiatisation du Britannique Banksy.

Les étudiants du réseau national Animafac ont amorcé le mouvement le 21 avril, avec l'opération 2012 Même pas peur. Le slogan au pochoir orne les endroits passants des villes les plus étudiantes de France, dont Rennes (notre photo). Le choix du 21 avril ne doit rien au hasard.

 

« La présence de Le Pen au 2e tour de 2002 avait été un choc citoyen, rappelle Jean-Michel Onillon, porte-parole d'Animafac. Depuis, nous montons des actions pour que les jeunes s'engagent dans le débat, fassent entendre leur voix. »


Et le street art, ça leur cause. Animafac a immédiatement trouvé « des petits collectifs de pochoiristes très actifs » pour taguer les rues. L'outil leur a plu autant que le message qu'il renferme. La jeunesse française en a visiblement marre que les politiques jouent sur la peur.

 

Street marketing

 

Les milliers de petits curieux, qui ont tapé « 2012 Même pas peur » sur Google et sont tombés sur le site de l'opération (2012memepaspeur.net), le disent dans leurs contributions. Non à la politique du tout sécuritaire et anti-immigrés, non aux discours pessimistes sur l'avenir. « Je ne veux plus m'entendre dire que je fais partie d'une génération sacrifiée. Je veux faire partie d'une génération motivée ! », dit Alexia.

 

Aux endroits fréquentés de la capitale, comme la gare Montparnasse, les citoyens ont aussi découvert un autre mystérieux pochoir. Il représente un rameau d'olivier surmonté de ce slogan : « L'espoir a un nom ». Et il est suivi de l'adresse du site Internet de l'Union populaire républicaine. Ce petit parti, créé en 2007 par le député de droite François Asselineau, prétend avoir été pris de vitesse « par nos jeunes militants. Ils en avaient ras-le-bol de la censure médiatique dont le parti est victime », explique Vincent Lamic, le secrétaire général de l'UPR.

 

Cette opération de street marketing (communication par la rue) commencerait à porter ses fruits : « Nous sommes bombardés de questions depuis deux-trois semaines. » Pour autant, les articles de presse ne suivent pas. Sans vouloir persifler, le Parisien François Asselineau n'est pas Barack Obama. Le président des États-Unis, lui, a eu les honneurs d'un des chefs de file du street art américain : le pochoiriste Shepard Fairey. Sa série d'affiches Hope (espoir), en soutien à la candidature d'Obama, avait marqué la campagne de 2008.

 

Christelle GUIBERT
Source: Ouest France


09/10/2011

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